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Chapelle de Saint-Trèche à Saint-Jean-sur-Mayenne

La chapelle de Saint-Trèche est un site remarquable situé à l’entrée du bourg de Saint-Jean-sur-Mayenne, sur un promontoire surplombant l’Ernée. Comprenant une grotte, un mur mérovingien et une chapelle datant du XVe siècle, ce lieu est riche en histoire et en spiritualité.

Appellation et Toponymie

Le site était initialement connu sous le nom de Bussogilum, mentionné dans un diplôme impérial de Charles le Chauve en 856. Ce nom, évoquant une clairière de buis, a évolué pour devenir Saint-Trèche, en l’honneur de l’ermite et fondateur du VIIe siècle. Divers noms ont été associés à ce lieu au fil des siècles, tels que Saint Tryphon, Saint Troget, Saint Treffe ou Tref. En 1916, lors de sa transformation en mémorial de la Première Guerre mondiale, la chapelle a pris le nom de Notre-Dame de la Consolation, en raison d’une statue médiévale placée en son sein.

Histoire

Au VIIe siècle, Saint Trèche fut envoyé par l’évêque du Mans pour évangéliser la région. Il s’établit d’abord dans une grotte avant de fonder un monastère sur le promontoire. De ce monastère, il ne reste aujourd’hui qu’un mur avec des contreforts mérovingiens. En 843, des moines de Saint Philibert, fuyant les incursions normandes, séjournèrent trois ans au monastère de Saint-Trèche, ce qui leur valut de recevoir ce lieu de Charles le Chauve.

Au XIIe siècle, le monastère n’était plus actif, mais la cellule de Saint-Trèche, devenue chapelle, fut donnée à l’abbaye d’Évron. Cette donation fut confirmée en 1125 par l’évêque Hildebert, permettant aux moines de percevoir des dîmes jusqu’au XVIIIe siècle. Au XIXe siècle, le presbytère attenant fut démoli et la chapelle médiévale restaurée.

Transformation en Mémorial

En 1916, le curé Benjamin Helbert transforma la chapelle en sanctuaire dédié aux héros de la Grande Guerre. Cette transformation, documentée dans le bulletin paroissial, fit du lieu un centre de pèlerinage et de commémoration. Les murs de la chapelle furent recouverts de plaques de marbre en mémoire des soldats morts, créant un lieu de recueillement unique.

Description et Mobilier Intérieur

La chapelle, principalement construite au XIXe siècle, adopte un plan en croix. La façade sud est percée de deux portes et surmontée d’un clocher mur. L’intérieur est orné de plaques ex-voto dédiées aux morts de la Première Guerre mondiale. Le transept ouest abrite l’oratoire de sainte Thérèse, tandis que le transept est est dédié à l’ermite Saint Trèche. L’autel de marbre, offert par les dons durant la guerre, trône au fond du chœur.

Statuaire

Parmi les pièces remarquables, on trouve une statue du XIIIe siècle de Notre-Dame de la Consolation et une Vierge à l’Enfant surmontant l’autel. Dans la nef, des statues de saint Jean Baptiste, saint Joseph, saint Benoît, saint Dominique, saint Pierre et saint Malo sont disposées sur des consoles. Une statue en bois de Saint Trèche se trouve au-dessus de l’autel de son oratoire, et une représentation de la vierge enfant (Santissima Bambina) témoigne de la vocation mariale du lieu.

Usage et Manifestations aux XXe et XXIe Siècles

Dès le début du XXe siècle, le site de la grotte fut aménagé avec une chaire de prédication et une statue de la Vierge. Le lieu, rappelant la Basilique de Lourdes, attirait de nombreux pèlerins, notamment les pensionnaires de l’ambulance de Saint-Jean-sur-Mayenne. En 1916, la chapelle fut dédiée à tous les soldats de la commune, renforçant son statut de mémorial.

Aujourd’hui, bien que la grotte ait perdu ses ornements, le site reste accessible. Des grilles protègent la cavité pour préserver les chauves-souris, une initiative de Mayenne Nature Environnement. La chapelle, entretenue par la commune et l’association « A la rencontre du passé de Saint-Jean-sur-Mayenne », ouvre ses portes lors d’occasions spéciales comme les Journées du Patrimoine.

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